Guide pratique
Comment fixer le prix de vente d'un plat
5 min de lectureMis à jour le 22 septembre 2026
Trop bas, le prix d'un plat ne paie pas vos charges. Trop haut, il ne se vend pas. Voici les trois méthodes utilisées en restauration pour fixer un prix de vente, avec des exemples chiffrés, et les vérifications à faire avant de l'afficher.
Tout commence par le coût de revient
Impossible de fixer un bon prix sans savoir ce que le plat vous coûte. Le coût de revient d'une portion, c'est la somme de ses ingrédients, pertes comprises, hors taxes. Si vous ne l'avez pas encore, calculez-le avec notre calculateur gratuit ou suivez le guide de la fiche technique.
Ensuite, trois méthodes existent. Elles se complètent plus qu'elles ne s'opposent.
Méthode 1 : le coefficient multiplicateur
prix de vente HT = coût de revient × coefficient
Un plat qui coûte 5 € en ingrédients, avec un coefficient de 3,5, se vend 17,50 € HT, soit 19,25 € TTC sur place. Les repères courants se situent souvent entre 3 et 4 sur le prix hors taxes, mais chaque maison a le sien : il dépend de vos charges, de votre clientèle et de votre positionnement.
C'est la méthode la plus simple, et la plus utilisée. Son défaut : appliquée aveuglément, elle rend les plats chers encore plus chers, et sous-évalue les plats bon marché. Faites le calcul avec notre outil du coefficient multiplicateur.
Méthode 2 : le ratio matière visé
prix de vente HT = coût de revient ÷ ratio matière visé
C'est la même idée vue de l'autre côté : si vous voulez que les ingrédients représentent 28 % du prix hors taxes, un plat à 5 € de coût se vend 5 ÷ 0,28 = 17,86 € HT. Un ratio de 25 % correspond à un coefficient de 4, un ratio de 33 % à un coefficient de 3.
Méthode 3 : la marge en euros, pour les produits chers
Une côte de bœuf qui vous coûte 18 € en viande, au coefficient 3,5, devrait se vendre 63 € HT. Personne ne la commandera. Pour ces produits nobles, raisonnez plutôt en marge en euros : ce que le plat doit vous laisser, une fois les ingrédients payés.
prix de vente HT = coût de revient + marge en euros voulue
Avec 25 € de marge voulue, la côte de bœuf se vend 43 € HT, soit 47,30 € TTC : son ratio matière est élevé (42 %), mais elle rapporte plus d'euros par assiette que la plupart des plats de la carte. À l'inverse, un plat très bon marché peut supporter un coefficient plus fort.
Confronter le prix au marché et à la carte
Le calcul donne un prix plancher. Avant de l'afficher, vérifiez :
- les prix autour de vous pour des plats comparables : un écart trop grand se remarque ;
- l'équilibre de votre carte : quelques plats qui rapportent beaucoup peuvent en porter d'autres, plus serrés, qui font venir les clients ;
- l'arrondi : 19,25 € devient 19,50 € sur la carte. Les prix ronds ou en ,50 se lisent mieux.
N'oubliez pas la TVA (et l'affichage TTC)
Les calculs se font hors taxes, mais les prix affichés sur la carte sont toutes taxes comprises, service compris. En France, la TVA est de 10 % pour ce qui est consommé sur place ou à emporter pour être mangé tout de suite, de 5,5 % pour ce qui est vendu à emporter pour plus tard, et de 20 % pour les boissons alcoolisées. En cas de doute sur un produit, demandez à votre comptable.
Revoir ses prix quand les coûts bougent
Un prix juste aujourd'hui ne l'est plus quand vos fournisseurs augmentent. Le bon réflexe n'est pas d'augmenter toute la carte d'un coup, mais de repérer les quelques plats dont la marge a vraiment fondu, et de les ajuster.
Tarifo fait ce repérage pour vous : chaque facture photographiée met vos prix d'achat à jour, et vous voyez tout de suite quels plats sont passés sous votre objectif de marge, combien ça vous coûte par mois, et le prix qui la rétablit.
Questions fréquentes
Quel coefficient multiplicateur appliquer au restaurant ?
Les repères courants se situent souvent entre 3 et 4 sur le prix hors taxes, soit un ratio matière de 25 à 33 %. Il varie selon le plat : plus bas pour les produits chers, plus haut pour les plats bon marché. Le bon coefficient est celui qui, sur l'ensemble de la carte, couvre vos charges et vous laisse un bénéfice.
Faut-il augmenter tous ses prix quand les fournisseurs augmentent ?
Rarement. Mieux vaut identifier les plats dont la marge a vraiment baissé et ajuster ceux-là, parfois de 50 centimes. Une hausse générale se remarque davantage qu'une hausse ciblée.
À quelle fréquence revoir ses prix de vente ?
Au moins deux fois par an, et à chaque hausse importante d'un produit clé. L'essentiel est de savoir, à tout moment, quels plats sont sous leur objectif de marge.
Le prix de vente doit-il couvrir le personnel et le loyer ?
Oui, mais indirectement : la marge de tous les plats vendus dans le mois doit payer vos charges fixes (salaires, loyer, énergie) et vous laisser un bénéfice. C'est pour cela qu'on vise un ratio matière : il laisse la place au reste.
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